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L’électricité va-t-elle augmenter en 2024 ?

La réponse est oui : les tarifs réglementés de vente de l’électricité ont augmenté en France le 1er février 2024. Cette hausse, largement liée au relèvement d’une taxe sur l’électricité, n’a pas touché tous les contrats de la même façon ; voici comment mesurer son effet sur une facture, vérifier votre offre et limiter la dépense sans mauvais calcul.

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L’électricité va-t-elle augmenter en 2024 ?

L'essentiel en 5 points

  • Les tarifs réglementés ont augmenté le 1er février 2024 : +8,6 % pour l’option Base résidentielle et +9,8 % pour l’option Heures pleines/Heures creuses, en moyenne sur la facture TTC.
  • La hausse provient principalement du relèvement de l’accise sur l’électricité — anciennement TICFE — de 1 à 21 €/MWh hors TVA, dans le cadre de la sortie progressive du bouclier tarifaire.
  • Pour un contrat Base de 6 kVA, le prix indicatif du kWh est passé de 22,76 à 25,16 centimes TTC. À consommation égale, un foyer à 4 500 kWh par an a payé environ 110 € de plus sur l’année.
  • Une offre à prix fixe ne protège pas nécessairement contre les taxes, tandis qu’une offre indexée sur le tarif réglementé suit généralement ses mouvements. Lisez la règle d’évolution inscrite dans votre contrat.
  • Le chèque énergie 2024, d’un montant de 48 à 277 €, pouvait amortir la facture des ménages éligibles ; le changement de fournisseur, lui, est gratuit et sans coupure.

Oui : la hausse du 1er février 2024 était confirmée

En France, l’augmentation annoncée pour 2024 ne relevait pas d’une simple prévision de marché : elle a pris effet le 1er février sur les tarifs réglementés de vente d’électricité, souvent appelés tarifs bleus d’EDF. L’option Base a progressé de 8,6 % en moyenne TTC et l’option Heures pleines/Heures creuses de 9,8 %. Ces pourcentages portent sur la facture globale : abonnement, consommation, acheminement et fiscalité. Le mouvement du seul prix du kWh peut donc sembler légèrement différent sur votre relevé.

1er février 2024date d’application de la hausse
+8,6 %option Base résidentielle
+9,8 %option Heures pleines/creuses
21 €/MWhaccise hors TVA après relèvement

Combien cette hausse représentait-elle pour un foyer ?

L’incidence dépend d’abord des kWh consommés, puis de la puissance souscrite et de l’option tarifaire. Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur pour un particulier au tarif réglementé, en option Base et en 6 kVA. Il applique les prix TTC indicatifs de 22,76 centimes par kWh avant le 1er février et de 25,16 centimes après cette date. Les montants sont arrondis et intègrent un abonnement annuel voisin de 152 € ; ils ne valent pas pour les offres de marché ni pour les options Tempo ou Heures creuses.

Profil de consommationConsommation annuelleAvant le 1er févrierAprès le 1er févrierSurcoût annuel
Petit logement peu chauffé2 300 kWhEnviron 675 €Environ 730 €Environ 55 €
Foyer moyen4 500 kWhEnviron 1 175 €Environ 1 285 €Environ 110 €
Logement chauffé à l’électricité9 000 kWhEnviron 2 200 €Environ 2 415 €Environ 215 €
Estimation annuelle pour un contrat Base 6 kVA, toutes taxes comprises

Pourquoi le prix a augmenté : la fiscalité a pesé davantage que le marché

La cause principale de la hausse de février 2024 est fiscale. Pendant le bouclier tarifaire mis en place lors de la crise énergétique, l’accise sur l’électricité avait été abaissée à son minimum légal, soit 1 €/MWh. À compter du 1er février 2024, elle est remontée à 21 €/MWh hors TVA. Cela représente 2 centimes par kWh avant TVA ; avec la TVA applicable, l’effet sur la part consommée approche 2,4 centimes TTC par kWh. Cette décision a financé la sortie progressive du bouclier.

  • Le prix de fourniture : il dépend notamment du nucléaire, des achats de marché, du gaz et de l’équilibre entre production et demande.
  • Le tarif d’acheminement : il finance les réseaux gérés notamment par Enedis et RTE ; il figure dans toutes les offres, même lorsque le fournisseur change.
  • Les taxes : l’accise, la TVA et les contributions applicables peuvent faire évoluer le montant final indépendamment du prix commercial annoncé par un fournisseur.
  • La consommation réelle : météo, chauffage électrique, eau chaude et nombre d’occupants peuvent peser bien davantage qu’une variation de quelques centimes par kWh.

Les prix de gros de l’électricité s’étaient nettement détendus par rapport aux sommets de 2022. Il serait donc trompeur d’expliquer mécaniquement l’augmentation de février 2024 par une flambée des coûts de production. Le tarif réglementé est construit à partir de plusieurs composantes, sous le contrôle de la Commission de régulation de l’énergie, et une décision fiscale peut modifier fortement le total payé par le client. Le prix affiché sur les marchés n’est jamais, à lui seul, le prix d’une facture domestique.

Tarif réglementé, offre indexée ou prix fixe : qui a subi la hausse ?

Les ménages au tarif réglementé ont subi la hausse selon leur option tarifaire. Pour les offres de marché, la réponse dépend entièrement de la formule signée. Une offre indexée sur le tarif réglementé répercute en principe ses variations selon l’indice prévu. Une offre à prix fixe bloque généralement le prix de la fourniture pendant une durée donnée, souvent un ou deux ans, mais ne bloque pas automatiquement les taxes ni les coûts d’acheminement. Le mot « fixe » ne signifie donc pas toujours « facture totale inchangée ».

Deux logiques de contrat à ne pas confondre

Offre indexée

  • Le prix suit un indice précisé au contrat, souvent le tarif réglementé.
  • La baisse éventuelle est répercutée selon la formule prévue.
  • La hausse de février 2024 pouvait être suivie rapidement.
  • Adaptée si vous privilégiez une grille lisible et l’alignement sur un indice.

Offre à prix fixe

  • Le prix de fourniture est verrouillé pour la durée convenue.
  • Les variations de taxes et de réseau peuvent rester répercutées.
  • La comparaison doit porter sur le prix TTC, l’abonnement et les clauses.
  • Adaptée si le prix proposé est compétitif et si les conditions de révision sont claires.

Vérifier une facture 2024 et décider s’il faut changer d’offre

Une comparaison utile part de votre situation réelle, non d’un profil moyen. Votre facture annuelle indique la puissance souscrite, l’option tarifaire, le volume consommé et le prix unitaire. Conservez aussi les dates de relève : une facture couvrant janvier et février 2024 peut appliquer deux grilles tarifaires. Si votre fournisseur modifie un prix commercial, il doit vous en informer selon les règles et délais prévus par le contrat et la réglementation ; vous pouvez alors résilier sans frais pour changer d’offre.

  1. Relevez sur votre dernière facture les kWh sur douze mois, la puissance en kVA, l’option Base ou Heures creuses et le montant annuel TTC.
  2. Contrôlez les dates de consommation facturées : sur une période à cheval sur le 1er février 2024, le fournisseur doit ventiler les kWh selon les périodes tarifaires applicables, sur index réel ou estimé.
  3. Comparez des offres pour exactement la même puissance et la même option, en demandant un coût annuel TTC incluant abonnement, acheminement et fiscalité estimée.
  4. Changez si le gain annuel reste réel après la fin d’une promotion : le changement de fournisseur est gratuit, sans changement de compteur ni interruption d’électricité.

Réduire la facture sans investissement inutile

Choisir l’option tarifaire qui correspond vraiment à vos usages

L’option Heures pleines/Heures creuses n’est pas automatiquement rentable. Elle le devient généralement lorsque vous pouvez déplacer environ 30 % ou davantage de votre consommation vers les huit heures creuses quotidiennes, seuil qui varie selon la grille en vigueur. Chauffe-eau programmable, recharge d’un véhicule électrique et appareils lancés la nuit peuvent y contribuer. Sans ces usages déplaçables, le prix plus élevé des heures pleines peut effacer l’avantage. Consultez les horaires exacts sur votre facture : ils sont attribués localement et ne se choisissent pas librement.

  • Ajustez la puissance souscrite : passer de 9 à 6 kVA peut économiser plusieurs dizaines d’euros d’abonnement par an, mais seulement si vos appareils ne font pas disjoncter l’installation lors des pointes.
  • Pilotez le chauffe-eau : vérifiez que le contacteur heures creuses fonctionne et que l’eau chaude n’est pas relancée inutilement en journée.
  • Traitez le chauffage en priorité : dans un logement électrique, baisser la consigne d’un degré peut réduire sensiblement le besoin de chauffage ; évitez toutefois de descendre sous un niveau compatible avec la santé et l’humidité du logement.
  • Mesurez avant d’acheter : les données du compteur communicant ou un wattmètre permettent d’identifier un appareil énergivore avant d’investir dans une solution coûteuse.

Les économies les plus importantes viennent rarement des veilles seules dans un logement chauffé électriquement. Une rénovation de l’enveloppe, le réglage du chauffage et de la ventilation, ou le remplacement d’un appareil défaillant ont davantage d’effet, mais demandent un diagnostic et un budget. À l’inverse, installer des équipements de pilotage coûteux dans un petit logement qui consomme peu peut ne jamais être amorti. Calculez le temps de retour avec des kWh réellement évités et le prix TTC que vous payez, pas avec une promesse générique.

Aides, réclamations et protections en cas de difficulté de paiement

Pour 2024, le chèque énergie allait de 48 à 277 € selon les revenus et la composition du foyer. L’éligibilité reposait notamment sur un revenu fiscal de référence par unité de consommation ne dépassant pas 11 000 €. Le chèque pouvait être affecté au paiement d’une facture d’électricité ou, sous certaines conditions, à des travaux de rénovation énergétique. Les règles d’attribution et les démarches ont évolué : pour une demande actuelle, il faut impérativement vérifier les conditions de la campagne en cours auprès des services publics compétents.

  • Demandez un échéancier à votre fournisseur dès le premier impayé : attendre une procédure de recouvrement réduit les marges de négociation.
  • Sollicitez le fonds de solidarité pour le logement auprès de votre département ou d’un travailleur social si la difficulté est durable.
  • Contestez par écrit toute facture incohérente en joignant relevés de compteur, factures antérieures et calcul détaillé.
  • Saisissez le Médiateur national de l’énergie si le litige avec le fournisseur ou le gestionnaire de réseau persiste après une réclamation écrite, selon les conditions de recevabilité applicables.
  • Vérifiez votre éligibilité au chèque énergie plutôt que de supposer qu’une mensualité faible exclut toute aide : le critère porte sur les revenus et le foyer.

Ce qu'il faut retenir

La hausse de l’électricité de février 2024 était une hausse effective, principalement fiscale, et non une simple conséquence automatique du marché de gros. Pour juger son impact, partez de vos kWh réels, de votre option et de votre contrat : un calcul annuel TTC permet de savoir si vous devez conserver votre offre, modifier votre puissance, revoir vos heures creuses ou solliciter une aide. Cette méthode évite de confondre une hausse réglementaire, une estimation de consommation et une mensualité mal calibrée.

Questions fréquentes

De combien l’électricité a-t-elle augmenté en février 2024 ?

Au tarif réglementé français, l’augmentation moyenne a été de 8,6 % pour l’option Base et de 9,8 % pour l’option Heures pleines/Heures creuses, à compter du 1er février 2024. Le pourcentage concerne le montant TTC de la facture. Pour un contrat Base de 6 kVA, le prix indicatif du kWh est passé de 22,76 à 25,16 centimes TTC.

Pourquoi l’électricité a-t-elle augmenté en 2024 alors que les prix de gros baissaient ?

La hausse de février 2024 a surtout résulté du relèvement de l’accise sur l’électricité, une taxe auparavant fortement réduite par le bouclier tarifaire. Elle est passée de 1 à 21 €/MWh hors TVA. Les prix de gros influencent la fourniture, mais une facture intègre aussi réseau, fiscalité et abonnement : une baisse sur les marchés ne garantit donc pas une baisse immédiate pour les particuliers.

Mon offre à prix fixe a-t-elle augmenté en 2024 ?

Pas nécessairement sur sa partie fourniture, mais le résultat dépend des conditions de votre offre. Un prix fixe protège souvent le prix du kWh commercialisé par le fournisseur pendant une période donnée. Il peut toutefois exclure les taxes, les évolutions réglementaires ou l’acheminement. Vérifiez dans les conditions particulières les rubriques « prix fixe », « taxes » et « révision » avant de conclure que votre contrat vous protégeait intégralement.

Comment savoir si mes heures creuses sont rentables ?

Relevez les kWh consommés en heures creuses et divisez-les par votre consommation totale. L’option devient souvent intéressante autour de 30 % de consommation en heures creuses, mais le seuil exact dépend de votre grille tarifaire et de votre puissance. Chauffe-eau asservi, recharge nocturne d’un véhicule et chauffage programmable peuvent faire basculer le calcul. Sans usages reportables, l’option Base est fréquemment plus simple et plus économique.

Puis-je changer de fournisseur pour éviter la hausse de l’électricité ?

Vous pouvez changer de fournisseur gratuitement, sans coupure et sans remplacer votre compteur. Cela peut réduire votre coût annuel si une offre concurrente est réellement moins chère pour votre profil. Cela n’efface toutefois pas les taxes ni les frais de réseau communs à tous. Comparez le total annuel TTC, la durée de la remise, le prix de l’abonnement et les modalités d’évolution des prix, plutôt qu’un seul tarif d’appel.

Qui avait droit au chèque énergie en 2024 ?

En 2024, le chèque énergie concernait notamment les foyers dont le revenu fiscal de référence par unité de consommation ne dépassait pas 11 000 €. Son montant allait de 48 à 277 €. L’attribution reposait en principe sur les données fiscales, mais les modalités ont connu des évolutions. Pour une situation actuelle ou un chèque non reçu, vérifiez les règles de la campagne concernée et les procédures officielles de réclamation.

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